J’étais, il y a déjà une semaine, comme beaucoup de socialistes, à l’Université d’été de La Rochelle. J’ai préféré prendre un peu de temps avant de vous faire part de mes impressions pour ne pas être tenté de céder à des irritations ou à des enthousiasmes trop immédiats.
Je tiens d’abord à saluer le travail effectué par les militants, experts et invités qui ont participé, durant ces trois jours, à plusieurs dizaines d’ateliers. J’étais, pour ma part, intervenant à la table ronde consacrée aux questions de santé. Grâce à la présence de Jean-Luc Bernard, président des Associations d’usagers (CISS), au côté de Patrick Pelloux et du Docteur Hélène Baudry, responsable du réseau des médecins référents, ou encore celle de Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité française, notre réflexion collective a été enrichie.
Bien évidemment, ce ne sont ni la portée ni la qualité de ces débats qui ont le plus intéressé les média. C’est dommage, mais c’est aussi compréhensible et normal étant donné le moment particulier où a eu lieu cette édition de notre Université d’été et l’importance des choix que devront faire les militants socialistes dans les semaines qui viennent.
L’attention des journalistes étaient donc entièrement tournée vers les présidentiables, à la recherche presque exclusive de ce qui pouvait apparaître comme des preuves de dissonance voire d’affrontement. Mais en dépit de certains commentaires, je peux témoigner que l’ambiance ne fut nullement agressive et, parfois même, conviviale, comme à l’occasion du dîner du samedi soir.
C’est au MJS que l’on doit d’avoir pris l’initiative d’organiser l’expression des différentes personnalités les plus concernées par l’élection présidentielle de 2007. Ségolène Royal préféra néanmoins limiter son intervention au discours d’ouverture effectué en tant que Présidente de la région Poitou-Charentes, fidèle à sa volonté de ne pas en dire beaucoup et d’incarner un ancrage régional.
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai écouté les autres prétendants : Jack Lang, toujours imaginatif, Laurent Fabius, combatif. Mais c’est évidemment Dominique Strauss-Kahn que j’ai le plus particulièrement suivi.
Il avait choisi de s’exprimer en plusieurs occasions au cours de cette Université d’été : devant l’ensemble des élus, qu’il présidait, devant le MJS mais aussi en réunissant ses amis pour une intervention retransmise sur LCI.
Au-delà de mes sympathies, je crois pouvoir dire très sincèrement, et les commentaires de nombreux camarades me l’ont confirmé, que son discours a été bien reçu en raison de sa force et de sa cohérence. Développant ses priorités en faveur d’une nouvelle ère de notre politique énergétique et mettant en avant les questions de santé comme priorité de son action économique et sociale (ce qui ne pouvait que me satisfaire), Dominique Strauss-Kahn s’est surtout attaché à définir sa conception de l’engagement présidentiel : un Président responsable dans la conduite de l’action du pays.
La Rochelle fut une étape importante dans la démarche de DSK. Venant après des sondages encourageants (il est clairement, après Ségolène, l’espoir de nos électeurs), ses interventions et le soutien réaffirmé de ses amis l’ont fortement crédibilisé.
L’autre temps fort de la Rochelle fut le retour de Lionel Jospin. Doit on pour autant le classer dans la catégorie des présidentiables ? Oui, disent certains de ses amis. C’est beaucoup moins sûr si l’on s’en tient à ses paroles. C’est évidemment son analyse du 21 avril qui fut le moment clé de son intervention. Partir, revenir.
Comme toujours, Lionel Jospin fut un pédagogue pugnace et engagé. Mais je ne pouvais pas, en l’écoutant, ne pas me souvenir de cette session de La Rochelle de septembre 2002 en me disant combien son intervention aurait alors été, pour nous, salutaire. Car qui ne mesure aujourd’hui, alors qu’avec lui nous en sommes encore à solder 2002, l’ampleur des chantiers urgents qui sont encore les nôtres : il nous faut, en quelques semaines, préciser notre projet, doter le Parti socialiste d’un leader capable de coordonner une campagne et d’assurer la responsabilité des affaires de l’Etat, et mettre en uvre le rassemblement de la Gauche. En un mot : faire en quatre mois ce qui aurait pu et ce qui aurait du être fait en quatre ans.
Par esprit de raison, j’aurais préféré que nous nous y prenions plus tôt. Par nature, j’ai la conviction que nous pouvons rattraper le calendrier.