oct 31

La double illusion

Posté par Jmlg

Par Jean-Marie Le Guen, Député de Paris

et Pierre Moscovici, vice-Président du Parlement européen

Ségolène Royal vient de proposer la surveillance populaire des élus, avec des jurys citoyens tirés au sort. Évitons, d’emblée, l’écueil de la dénonciation : qualifier une position de populisme ne sert pas la cause du débat public. Mais cette proposition importante mérite d’être discutée. L’idée, bien sûr, n’est pas sans fondement : les élus doivent rendre compte de leur administration, les municipalités, de plus en plus, généralisent et multiplient les comptes rendus de mandat, la démocratie participative s’étend, et c’est une bonne chose. Il n’est pas non plus niable, comme l’écrit Pierre Rosanvallon, dont cette démarche veut s’inspirer, que l’érosion de la confiance dans les représentants est l’un des problèmes majeurs de notre temps, que la politique vit à l’ère de la défiance. Pour autant, nous pensons que cette proposition engendre une double illusion.

Nous ne croyons pas, tout d’abord, que l’on puisse, sans dommage, opposer la sagesse populaire aux défauts des élus, que la défiance envers les institutions et l’affaiblissement des représentants puissent offrir une issue à la crise démocratique française, incontestable. Nous ne sommes pas opposés à un surcroît de démocratie participative ou de démocratie directe, mais nous affirmons qu’en République la souveraineté appartient au peuple à travers l’élection de ses représentants, et que la seule surveillance qui vaille est l’élection. Refondons plutôt la République, réformons nos institutions, rendons à la fonction présidentielle, équilibrée par de vrais contre-pouvoirs, sa fonction d’entraînement et sa capacité d’incarnation : là est pour nous le chemin du retour de la confiance démocratique.

N’oublions pas, ensuite, que la vraie source de la défiance démocratique réside dans l’impasse sociale que traverse notre pays. La question institutionnelle et politique est importante, mais seconde par rapport à la question économique et sociale. Là encore, c’est la confiance qu’il faut restaurer. C’est parce que notre société est minée par le chômage de masse, brisée par les inégalités, secouée par ses divisions, qu’elle doute. La remise en route de la démocratie sociale est pour nous la bonne voie pour conforter le pouvoir d’achat, réaliser les réformes sociales indispensables – retraites, sécurité sociale professionnelle, santé durable… -, retrouver le chemin de la croissance et de la création d’emplois. C’est par le résultat, non par la punition, que se renouera le lien entre les élus et les citoyens.

Nous partageons, en cela, le diagnostic de Pierre Rosanvallon : si la fonction d’accusation absorbe toute l’activité civique, le citoyen s’éloignera davantage encore, et de façon structurelle, du pouvoir. N’érigeons pas le peuple en juge, ce n’est rendre service à personne. N’allons pas dans la pente de la défiance : c’est au contraire un pacte de confiance, le pacte de l’Elysée que propose Dominique Strauss-Kahn, qu’il faut construire en 2007.

oct 27

DSK va progresser !

Posté par Jmlg

Propos recueillis par Philippe Reinhard ( Télégramme de Brest, 27 octobre 2006) / (Ph. AFP)

oct 20

Hier matin, Le Figaro publiait le dernier baromètre en date de la Sofres qui comparait les différents candidats supposés de la Droite pour les prochaines Présidentielles. « Le sondage qui avertit la droite » titrait le journaliste au cas où nous n’aurions pas compris. Un sondage de plus dans une période qui ne semble pouvoir s’en passer. Un sondage, surtout, qui illustre jusqu’à l’extrême la dérive et la manipulation de la soi-disante opinion des Français.

Ce sondage a une utilité. Celle de rappeler au bon peuple de Droite, au moment où l’hégémonie indétrônable du petit Nicolas se trouve contestée dans son propre camp, que seul ce dernier est en mesure de lui apporter le salut qu’il espère tant.

Dans ce type de sondage, la règle de la vraisemblance est une donnée superflue. Peu importe si les scores des candidats de l’UMP et du PS dépassent fréquemment les 33 % au premier tour (on se rappellera des 16 et 20% de l’élection présidentielle de 2002). Peu importe que l’on annonce dans le même sondage la victoire possible de la Gauche quel que soit le candidat de Droite, avec dans certains cas 63 % des voix, malgré une Droite dépassant au premier tour les 60 %.

La règle de la neutralité semble elle aussi reléguée au rang des antiquités sociopolitiques. Comment comprendre autrement l’acharnement à souligner, dans une période où des voix discordantes s’élèvent à Droite, que toute sortie du rang risquerait de mettre irrémédiablement en péril la victoire tant attendue de Nicolas Sarkozy ?

Je ne mets pas en cause l’honnêteté des sondeurs mais leur sérieux.

Je m’interroge, en outre, sur le recours incessant aux sondages de la part des media. Point d’article possible, semble-t-il, sur la situation politique française actuelle sans la béquille nécessaire du dernier sondage flambant neuf. J’ai du mal à ne pas croire qu’une telle utilisation ne soit à dessein.

Le Figaro aurait-il un penchant, à Droite, pour Sarkozy ?

Décidément réticente à accepter le darwinisme électoral de la démocratie, notre époque serait-elle prête à lui préférer le mythe du « dessein intelligent » ?

oct 10

L’essai nucléaire souterrain auquel la Corée du Nord a procédé n’est pas uniquement un pas de plus vers la prolifération, mais un pas de trop.

Si la communauté internationale ne réagit pas rapidement par une réponse à la hauteur de ce qui vient d’être commis, ce seront les radicaux de Téhéran, de Riyad, d’Ankara, du Caire ou de Washington qui seront tentés par la surenchère en matière d’armement et de prolifération nucléaire.

Aujourd’hui les radicaux. Et demain les démocrates de Buenos Aires, de Pretoria ou de Brasilia seront eux aussi amenés à de se doter d’un armement nucléaire.

L’action internationale ne peut plus, aujourd’hui, se limiter à la seule condamnation formelle. Il lui faut obtenir l’arrêt définitif du programme d’armement nucléaire de la Corée du Nord.

De ce point de vue, la Chine, qui s’est, ces derniers mois, largement impliquée sur ce dossier pour essayer de contenir les ambitions de la Corée du Nord en matière balistique et d’armement nucléaire, aura un rôle décisif à jouer. Sa position sur ce dossier sera, à l’évidence, déterminante.

Sera-t-elle pour autant capable de basculer fermement dans le camp des partenaires de l’ordre mondial ? Ne choisira-t-elle pas, au contraire, de rester dans la marginalité politique, essentiellement organisée autour de la recherche de son avantage économique et stratégique à court terme ?

Dès à présent, les conséquences de la crise coréenne sont potentiellement considérables.

Si nous ne relevons pas le défi qui nous est désormais lancé, nous resterons les témoins passifs d’un tournant majeur du XXIeme siècle, tant les conséquences de cet engrenage nucléaire sur le plan économique et sur le plan du risque encouru par les populations sont considérables.

La mondialisation n’est possible que si elle apporte plus de richesses mais aussi plus de sécurité. La crise coréenne que nous connaissons actuellement en est une illustration aux implications bien imprévisibles.

oct 8

L’avenir de notre politique de santé est un enjeu crucial pour notre pays, une préoccupation centrale pour les Français et un élément fondamental pour notre projet socialiste.

C’est pourquoi nous organisons avec Dominique Strauss-Kahn un après-midi de débat sur ce sujet, où interviendront de nombreux professionnels de la santé. Je vous donne rendez-vous à l’ENSAM (151 Bld de l’Hôpital, Paris 13e) vendredi 13 octobre à partir de 14h30.

Jean-Marie Le Guen

Téléchargez ici le document préparatoire au débat

oct 2

Lettre à Monsieur Maurice QUENET, Recteur de l’Académie de Paris

Copie à DASCO et adjoint au Maire de Paris

Monsieur le Recteur,

Comme vous le savez, un incendie criminel a dévasté une partie du collège Elsa Triolet (13eme arrondissement) dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre.

A l’issue de la réunion qui s’est tenue le dimanche 1er octobre dans les locaux du collège en présence de vos services, des services de la Mairie de Paris et d’élus du 13eme arrondissement il a, semble-t-il, été décidé que seuls les élèves de 6eme et de 5eme pourront être accueillis à partir de mercredi dans les locaux qui sont, par chance, disponibles rue Charles Moureu.

Les élèves de 4eme et 3eme, soit 8 divisions, sont quant à eux dispensés de cours pendant toute la semaine.

Si les évènements de cette gravité, sont heureusement très rares, je suis enclin à penser que de nombreux incidents techniques surviennent chaque année dans les établissements parisiens qui nécessitent leur fermeture pendant quelques jours et je m’étonne qu’aucune solution alternative ne soit proposée par l’Académie de Paris, et plus généralement l’Education nationale, pour faire face à ce type de situations.

En effet, il me semble indispensable, qu’afin d’assurer la continuité des enseignements et du service public d’éducation, des cellules pédagogiques soient mises en place qui permettent, via Internet par exemple, de transmettre des cours, des exercices et des devoirs aux élèves qui se verraient momentanément privés d’enseignement. Des permanences téléphoniques pourraient être assurées par les enseignants pendant ces périodes pour répondre aux questions des élèves. Ce ne sont là que des pistes qui devront alimenter une réflexion plus globale sur le maintien du fonctionnement du secteur public à la suite de la survenue d’une crise, quelle qu’en soit l’origine.

En tant que responsable de la Mission d’information parlementaire sur la grippe aviaire et de lutte contre la pandémie grippale, j’ai du reste été amené à m’entretenir de cette question avec le Ministre de l’Education Nationale que j’ai alerté sur l’urgence de la mise en place d’un tel dispositif en cas de pandémie grippale.

Je vous remercie de bien vouloir m’indiquer si cette question fait actuellement l’objet d’une réflexion dans l’Académie de Paris.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, monsieur le Recteur, l’expression de mes respectueuses salutations.

Jean-Marie LE GUEN

Député de Paris

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