avr 24

Retrouvez l’intégralité de ma contribution au débat dans ma note « Retraites : Une réforme pour de bon », publiée par la Fondation Jean Jaurès

http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-essais/Retraites-et-vieillissement

Pour un compromis social

L’allongement de la durée de la vie est une chance historique. Néanmoins, l’adaptation de nos sociétés aux conséquences du vieillissement est un défi majeur qui bouleverse toutes les facettes de notre contrat social.

Or, obnubilé par son calendrier politique, Nicolas Sarkozy veut mettre en œuvre une réforme des retraites précipitée, et donc nécessairement partielle et injuste. Il souhaite ainsi se donner une posture réformatrice et espère pouvoir compter sur une Gauche tétanisée.

La question du financement des retraites est incontournable mais insuffisante. Elle n’est qu’un aspect du problème dont le traitement, si on l’isole des enjeux globaux du vieillissement, sera inévitablement injuste et inefficace. Ainsi, l’allongement de la durée des cotisations, déjà programmé, n’aboutira qu’à une baisse des pensions et au retour avant 10 ans de la misère de masse chez les retraités s’il ne s’accompagne pas d’une progression sensible de l’emploi des seniors.

Il faut d’ailleurs changer le regard des Français sur la vieillesse, et peut-être sur eux-mêmes lorsqu’ils atteignent l’âge de la maturité avec une espérance de vie en bonne santé fortement augmentée.

Autour de la question de la pénibilité, qui s’impose comme un enjeu prioritaire de justice social, et de l’emploi des seniors considéré comme un impératif économique et social, c’est globalement le problème de l’inadaptation du modèle français du travail qui est posé. L’exclusion du travail des plus jeunes et des plus âgés, l’intensification du travail des actifs, constituent un modèle obsolète et non durable. Gérer le capital humain est un impératif non seulement social mais économique pour une société qui vieillit et qui doit relever le défi de l’économie de la connaissance.

La réforme des retraites qui passe donc nécessairement par l’allongement des durées des cotisations ne peut se faire sans d’importantes garanties sur ces contreparties.

Quel peut être le contenu de ces contreparties ? Une réforme profonde de la santé au travail, la prise en compte de la pénibilité des tâches au plan collectif et au plan individuel, des politiques de prévention de l’usure du travailleur et une prise en charge collective de la dépendance.

Faut-il recourir à une augmentation des prélèvements obligatoires ? Sans doute, pour instaurer plus grande équité en combattant les niches fiscales et sociales. Mais une réforme qui reposerait principalement sur une augmentation des prélèvements obligatoires risquerait d’entrainer une rupture de solidarité intergénérationnelle.

Sur toutes ces questions, j’appelle la Gauche politique et sociale à déjouer le piège de Nicolas Sarkozy, à être à l’offensive pour imposer ses vues et obtenir des avancées, à exiger un compromis social. Car il s’agit de construire, dans la durée, un nouveau chapitre de notre contrat social dont aucun gouvernement ne pourra s’abstraire.

Commenter cet article

ElectoBlog basé sur Wordpress © 2010 Inovagora